Grenelle de l'environnement
Bruit des transports : une priorité gouvernementale

La secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Chantal Jouanno, a présenté jeudi 8 juillet un ensemble de mesures afin de rendre plus efficace la politique nationale de réduction des nuisances sonores.

Le nouveau plan gouvernemental, qui s'inscrit dans la continuité du Grenelle de l'environnement, entend en particulier mener une lutte farouche contre les nuisances liées aux transports (routiers, aériens et ferroviaires). En effet, au regard d'un sondage TNS Sofres réalisé en mai dernier à la demande du ministère de l’Ecologie, deux-tiers des Français se disent gênés par le bruit à leur domicile. Plus inquiétant encore, près d’un sur six a déjà été gêné au point de penser à déménager, plaçant ainsi le bruit au rang "des atteintes majeures" de leur qualité de vie.

Les modalités de ce plan antibruit tendent en premier lieu à résorber les quelque 20 000 principaux points noirs routiers. "La France compte environ 60 000 points noirs routiers. Je souhaite que l’on résorbe d’ici cinq ans les 20 000 plus importants, là où les riverains subissent 65 décibels de jour comme de nuit", déclarait Chantal Jouanno, lors de la conférence de presse. L’Etat compte ainsi investir 150 millions d’euros pour la construction de murs antibruit et de chaussées absorbantes. Et ce sont 550 millions d'euros qui seront consacrés au bruit sur le réseau national non concédé qui seront déboursés d'ici 2014. Les zones les plus bruyantes devaient être, selon la loi, cartographiées dans le détail par les collectivités. Or, seuls 27 % des grandes collectivités ont réalisé ces cartes. D'ici un an, si les collectivités ne les ont pas faites, le préfet se substituera à elles.

Pour les riverains qui subissent les nuisances liées à la proximité des aéroports, l’autorité de contrôle des nuisances sonores aéroportuaires estime qu’il reste entre 30 000 et 50 000 logements à insonoriser en France. Pourtant, l’Etat finance dorénavant à 95 % ces travaux d’insonorisation. Et Chantal Jouanno de rappeler que "le tiers des riverains d’aéroports ne connaissent même pas l’existence de ce dispositif.  Nous avons donc demandé aux autorités aéroportuaires de contacter d’ici un an l’ensemble des foyers éligibles à ces aides", a-t-elle déclaré. Par ailleurs, quatre nouveaux observatoires du bruit verront le jour prochainement. "Il n’existe à ce jour que deux observatoires du bruit en France : un en Ile-de-France, l’autre à Lyon. Nous lançons dès aujourd'hui un appel à projets pour en financer quatre supplémentaires en région afin de déterminer sur le terrain l’origine des nuisances sonores, mais aussi les principales victimes et les impacts sanitaires. Ce dispositif  nous permettra d’affiner nos données globales relatives au bruit afin de mieux cibler nos actions de prévention."

Autre mesure phare du plan : la mise en application dès la fin du mois de juillet d’un décret vieux de 18 ans, et jamais entré en vigueur. Dans les zones urbaines denses, les vols en hélicoptère qui relèvent du tourisme ou de l’entraînement pourront désormais être interdits.
A ce jour, l'Etat et les collectivités locales consacrent chaque année environ 240 millions d'euros à la seule lutte contre les nuisances sonores dues aux transports, en augmentation de 20 % par rapport à la situation avant le Grenelle de l'environnement. Un geste encourageant e
n attendant les assises du bruit en décembre 2010 qui s'attacheront à faire le bilan de 30 ans de politique de lutte contre le bruit.

 

Photo: Chantal Jouanno

Crédit photo : G.B.

Guillaume Bureau (08/07/2010 14:46)

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