Le Quotidien du médecin se penche sur les implants cochléaires
Le quotidien du médecin a publié, dans son édition du 21 avril 2010, un article intitulé "Un implant cochléaire pour mieux parler", qui reprend une étude du Journal of the American Medical Association (JAMA) en date du 20 avril.
Selon cette étude multicentrique menée par des scientifiques de l'université Johns Hopkins (Baltimore, Etats-Unis), la pose d'un implant cochléaire avant l'âge de 18 mois améliorerait de façon significative la capacité d'un enfant sourd à entendre, comprendre et éventuellement parler. Les scientifiques ont suivi 188 enfants âgés de 6 mois à 5 ans, souffrant de surdités sévères à profondes, pendant les trois ans qui ont suivi la pose de leur implant cochléaire, dans six hôpitaux américains. Ils ont observé leur capacité à reconnaître le langage après l'implant, et comparé leur niveau de langue à celui de 97 enfants du même âge, normo-entendants.
En observant des enfants de tous les âges, les chercheurs ont constaté que leur capacité à comprendre le langage parlé avait augmenté deux fois plus rapidement avec implant que sans implant (10,4 contre 5,4). Leur capacité à répondre, avec des mots ou d'autres modes d'expression appropriés à leur âge, a augmenté presque 1,5 fois plus rapidement qu'en l'absence d'implant (8,4 contre 5,8). De plus, les enfants implantés avant l'âge de 18 mois ont presque rattrapé les normo-entendants pendant les trois années qui ont suivi l'implantation ; ceux qui ont été implantés après trois ans présentent des retards de langage correspondant à la durée du délai avant la pose de l'implant cochléaire.
"L'implantation avant l'âge de 18 mois offre des bénéfices bien plus importants qu'une implantation postérieure, et permet aux enfants de rattraper leur retard, parfois presque totalement, confirme John Niparko, directeur du département d'Otolaryngology-Head & Neck Surgery de l'université Johns Hopkins. Retarder l'intervention jusqu'à ce que l'enfant ait perdu toute audition résiduelle prive le cerveau de la stimulation nécessaire au développement du langage." Ainsi, une année de retard dans l'implantation retarderait d'autant le développement du langage. ((c'est pas redire la même chose ?
Source : JAMA, 21 avril 2010, vol 303, n° 15, pp. 1 498-1 506.