Une implantation cochléaire précoce réduirait les disparités entre enfants sourds et normo-entendants
Selon une étude publiée dans le numéro d'avril des Archives ofOtolaryngology-Head & Neck Surgery, les enfants sourds porteurs d'implants cochléaires rencontrent plus de difficultés dans les premières années de leur scolarité que les normo-entendants, mais atteignent généralement un niveau d'emploi et d'éduction similaire.
Pour parvenir à cette conclusion, Frédéric Venail et ses collègues du CHU Gui de Chauliac, à Montpellier, ont interrogé les parents de 100 enfants sourds, avant que ces derniers ne commencent à parler et qu'un implant cochléaire leur soit posé (avant l'âge de 6 ans) et les ont suivi pendant quatre ans. Parmi les 74 patients qui ne présentaient aucun trouble additionnel, 24 étaient âgés de 8 à 11 ans, 24 de 12 à 15 ans, 18 de 16 à 18 ans et 8 de plus de 18 ans.
L'étude relève que la plupart des enfants ne présentant pas de trouble additionnel avait reçu une scolarisation classique (de 67 à 83 % en fonction de la classe d'âge). 19 à 26 % d'entre eux ont connu des retards dans l'acquisition du langage et de la lecture, 53 % ont redoublé une classe, et, en comparaison avec les jeunes Français du même âge, ils ont connu un léger retard dans leur niveau de formation. Dans le groupe des huit participants âgés de plus de 18 ans, cinq ont obtenu le baccalauréat, trois ont poursuivi un entraînement vocal, quatre ont atteint un niveau universitaire, et un a trouvé un emploi correspondant à son niveau de master. Parmi les patients souffrant d'autres troubles, les niveaux de formation et d'emploi étaient variables.
Ces résultats ont permis aux chercheurs de conclure qu'une "éducation orale et une implantation cochléaire précoces sont importantes" afin d'aider à minimiser ces retards et favoriser la réussite d'une scolarisation classique.
Source : Venail et al. Educational and Employment Achievements in Prelingually Deaf Children Who Receive Cochlear Implants. Archives of Otolaryngology - Head and Neck Surgery, 2010; 136 (4): 366 DOI: 10.1001/archoto.2010.31